La galerie d’art internationale à Lyon consacre une de ses expositions au peintre fameux Lyonnais Truphemus, d’origine dauphinoise âgé de 93 ans qui est souvent associé à Bonnard. Cette expo est un véritable enchantement pour le regard car se situe aux limites de l’abstraction colorée et est appréciée du public.

Jacques Truphémus est issu du «  peuple » et effectue sa première visite au musée de Grenoble à l’âge de 8 ans. Dans ce musée d’avant-garde avec à sa tête depuis 1919, un conservateur visionnaire, Andra Frarcy, on peut déjà admirer les toiles avant-gardistes de Matisse, Bonnard et Picasso que le public parisien ne découvrira dans son musée d’Art moderne que beaucoup plus tard, vers1937.  Ce musée, Jacques Truphémus, ne cessera d’y revenir pour porter son regard sur ces toiles de grands maitres. Il y ressent chocs et émotions et y trouve ses références, sa “famille”, comme il dira avec ce lien profond qui le lie à Matisse, Picasso et Bonnard. Mais aussi d’autres peintres comme Boudin, Fantin-Latour, David, Guétal, Dufy, Villon, Léger, Derain, Vuillard, Rouault puis Soutine, Bacon, Chagall et Soulages. De vrais peintres… Jacques Truphemus, cet homme simple dans la vie quotidienne, placera sa vie sa vie entière sous le signe de la peinture. Tout au long de sa vie, il a gardé de ses origines dauphinoises, sa simplicité, sa modestie, son esprit plein d’espièglerie sans se laisser influencer par le succès qu’il a rapidement connu. Il est toujours resté fidèle à ses objectifs, à sa passion puisqu’il continue à peindre quatre à cinq heures par jour, debout, malgré des jambes souffrantes. La tête, elle, ainsi que le coup de pinceau et le coup de fourchette fonctionnent “à pleins tubes” de couleurs. D’ailleurs, dans son atelier, malgré son grand âge, le visiteur ressent toujours cette odeur forte de térébinthine. Il a sans doute appris la contemplation dans les paysages dauphinois qu’il a parcouru enfant en compagnie de son père  et qui représente pour lui sa part de silence et d’intimité. Truphémus est un peintre libre et les thèmes de sa sa peinture, comme le montre si bien l’exposition de la galerie d’art internationale, demeurent la nature et les hommes, les gens de passage, les scènes de bistrot dans l’ordre et le désordre du temps. L’hiver, ce sont les brumes, les ocres, les passantes, la lumière et les effacements de sa ville, Lyon et l’été, c’est l’éclatement des Cévennes.